Comment protéger un moteur électrique avec un disjoncteur magnétothermique ?

Table des matières
Dans une installation industrielle, le moteur électrique est souvent le cœur du process. Une panne, une surchauffe ou un court-circuit peut paralyser toute une ligne de production. La bonne nouvelle ? Il existe un appareil spécialement conçu pour prévenir ces situations : le disjoncteur moteur magnétothermique. Dans cet article, on vous explique comment il fonctionne, pourquoi il est indispensable et comment bien le choisir.
Pourquoi protéger un moteur électrique ?
Un moteur électrique est soumis à des contraintes importantes tout au long de sa vie : démarrages répétés, variations de charge, conditions d’environnement difficiles. Sans protection adaptée, il peut subir deux types de défauts majeurs :
La surcharge thermique survient lorsque le moteur tire plus de courant que prévu, par exemple en cas de blocage mécanique ou de charge trop élevée. La température des bobinages monte progressivement jusqu’à détruire l’isolation, ce qui entraîne un grillage irrémédiable du moteur.
Le court-circuit est un défaut brutal où deux conducteurs entrent directement en contact. Les courants peuvent atteindre plusieurs dizaines ou centaines de fois la valeur nominale en quelques millisecondes. Sans coupure rapide, c’est l’incendie assuré.
Le disjoncteur moteur magnétothermique est précisément dimensionné pour réagir à ces deux types de défauts, avec une seule protection intégrée.
Comment fonctionne un disjoncteur magnétothermique pour moteur ?

Ce type de disjoncteur combine deux technologies de déclenchement dans un même boîtier compact :
La protection thermique (bilame)
Elle est assurée par une lame bimétallique qui se déforme sous l’effet de la chaleur générée par le courant. En cas de surcharge, le courant chauffe la lame, qui finit par déclencher le mécanisme de coupure. Ce déclenchement est intentionnellement retardé : il laisse passer les pointes de courant au démarrage du moteur (courant d’appel), qui peuvent atteindre 5 à 8 fois le courant nominal, sans déclencher intempestivement.
La protection magnétique (électroaimant)
Elle prend en charge les courts-circuits. Lorsque le courant dépasse un seuil très élevé, le champ magnétique créé dans l’électroaimant déclenche instantanément la coupure, en quelques millisecondes. Pas de temporisation ici : la vitesse est primordiale pour éviter les dégâts.
Disjoncteur moteur vs relais thermique : quelle différence ?
| Critère | Disjoncteur moteur magnétothermique | Relais thermique + contacteur + fusibles |
|---|---|---|
| Protection surcharge | Intégrée | Via relais thermique |
| Protection court-circuit | Intégrée | Via fusibles séparés |
| Coupure du circuit | Directe | Via contacteur séparé |
| Encombrement | Compact (1 seul appareil) | Plus d’espace nécessaire |
| Coût global | Économique | Multiplié par le nombre d’éléments |
| Réarmement après défaut | Manuel ou motorisé | Remplacement des fusibles |
Le disjoncteur moteur magnétothermique présente donc un avantage clair en termes de simplicité d’installation, de gain de place et de facilité de maintenance. Il est particulièrement apprécié dans les tableaux industriels où chaque centimètre compte.
Comment choisir le bon calibre ?
Le calibrage est l’étape cruciale. Un mauvais réglage, et votre protection ne servira à rien — ou pire, déclenchera en permanence pour rien.
Voici les paramètres à prendre en compte :
1. Le courant nominal du moteur (In) : il est indiqué sur la plaque signalétique du moteur, en ampères. C’est la valeur de base de votre réglage thermique.
2. La plage de réglage du disjoncteur : les disjoncteurs moteur sont disponibles en différentes plages, par exemple 0,4–0,63 A, 1–1,6 A, 6,3–10 A, 16–25 A, etc. Choisissez un modèle dont la plage encadre le courant nominal du moteur.
3. Le courant de court-circuit présumé (Icc) : il dépend de votre installation. Vérifiez que le pouvoir de coupure du disjoncteur est supérieur ou égal à l’Icc du point d’installation.
4. La classe de déclenchement : la classe 10 est la plus courante. La classe 20 convient aux moteurs à démarrages longs (pompes, compresseurs). Elle tolère des pointes de courant plus longues sans déclencher.
Installation : les bons gestes
Le disjoncteur moteur s’installe sur rail DIN dans votre armoire ou tableau électrique, en amont du moteur. Voici les points de vigilance :
Respectez le sens de câblage : l’alimentation se raccorde en haut, le moteur en bas. N’inversez pas sous peine de réduire le pouvoir de coupure ou d’endommager l’appareil.
Serrez les vis de raccordement au couple préconisé par le fabricant. Un raccordement trop lâche provoque des échauffements au niveau des bornes et peut fausser la détection thermique.
Après installation, procédez à un test de déclenchement manuel en appuyant sur le bouton test prévu à cet effet. Vérifiez que le réarmement se fait correctement.
Pour aller plus loin dans le choix de votre matériel, vous pouvez consulter la gamme de disjoncteurs moteur magnétothermiques disponibles sur le site one-elec.com, spécialisé dans le matériel électrique industriel.
Entretien et durée de vie
Un disjoncteur moteur correctement dimensionné et installé peut tenir plusieurs décennies. Quelques bonnes pratiques prolongent sa durée de vie :
Vérifiez périodiquement le serrage des bornes (vibrations et cycles thermiques les desserrent progressivement). Effectuez un test de déclenchement annuel pour vous assurer que le mécanisme n’est pas grippé. Remplacez l’appareil s’il a subi un court-circuit sévère : même après réarmement, la capacité de coupure peut être dégradée.
Si vous êtes amené à travailler régulièrement sur des tableaux électriques industriels, nous vous recommandons également de consulter nos guides sur les installations électriques pour approfondir vos connaissances sur le sujet.
Le disjoncteur moteur magnétothermique est une solution à la fois simple, compacte et fiable pour protéger vos moteurs électriques. Il combine protection contre les surcharges et protection contre les courts-circuits dans un seul appareil, facilement réglable selon les caractéristiques du moteur à protéger. Bien choisi et bien installé, il vous évitera de nombreuses pannes coûteuses et garantira la sécurité de vos installations. Ne faites pas l’impasse sur cette protection : c’est un investissement minime au regard du coût d’un moteur grillé ou d’un incendie électrique.
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